Étudiants et coronavirus: Sylvie Jean se confie (2/5)

« Nous avons mis beaucoup de cœur à l’ouvrage ! »  

Dans le cadre de notre saga consacrée aux retombées du Coronavirus, Altéo Conseil est allé à la rencontre (virtuelle) de Sylvie JEAN, directrice du programme Grande École de NEOMA Business School ces dernières années. Nous avons donc pour vous synthétisé sa vision sur les évènements, son diagnostic quant à l’impact sur les étudiants et son ressenti personnel par rapport au confinement.

1. Comment se passe actuellement la vie à NEOMA Business School ?

Pour NEOMA, nous avons choisi d’essayer de nouvelles choses et ne pas se retrancher sur nos fondamentaux, nous avons expérimenté plus vite les projets que nous souhaitions mettre en place. Cela a pris une tournure encore plus vibrante puisque nous avons dû le faire plus rapidement, en nous appuyant sur la culture singulière de l’école et une certaine frugalité qui nous caractérise.

Concernant les nouveautés à NEOMA, vous pourrez retrouver l’année prochaine un renforcement du dispositif digital en particulier via une nouvelle plateforme peer-learning. Il s’agira d’une plateforme mettant en lien les étudiants sur la base mentor-mentoré pour les aider dans différentes matières et créer du lien entre les étudiants. Cela avait été pensé avant la crise du coronavirus, et nous avons dû la lancer plus vite mais nous l’avons fait avec sérénité. Cette plateforme sera déployée à la rentrée prochaine. 

Dans ce contexte, nous avons ainsi pu développer nos projets encore plus rapidement et avec plus de vivacité

Finalement, avec la crise du Covid-19, NEOMA n’a pas cessé de fonctionner. Nos projets n’ont pas été abandonnés, ils ont été au contraire boostés

2. Pensez-vous que le coronavirus va impacter la valeur de notre diplôme ?

Non, je ne pense pas car nous étions en fin d’année. Il y a eu une réelle maîtrise des examens pour terminer l’année dans de bonnes conditions. La valeur du diplôme n’en souffrira absolument pas. 

3. Le classement de NEOMA pourrait-il se dégrader suite à la crise du Covid-19 ? 

Difficile à apprécier, nous n’avons pas de boule de cristal. Objectivement, chaque école peut défendre son palmarès de l’année. Les concours sont dans un format inédit. En 25 ans, je n’ai jamais vu ça : pas d’oraux d’admission, campus totalement fermé… Difficile de voir comment le classement pourra bouger, toutefois on remarque une certaine stabilité dans le temps pour le SIGEM. Il y aura peut-être moins d’effet « coup de cœur » pour une école afin de séduire les candidats. L’analyse des résultats sera intéressante à conduire : comment vont choisir les candidats (classement, modèle décalé etc…) ? Honnêtement, le pronostic est très compliqué. Toutes les écoles sont au même diapason

4. À propos de la mobilité étrangère des étudiants, quelles sont les conséquences du passage de cette crise sanitaire ?

Le plan de mobilité est déployé à l’aide des réunions Zoom et par groupes d’étudiants. Nous avons eu un travail d’interaction considérable avec les partenaires de NEOMA. Au final, nous sommes tous dans l’incertitude, mais animés par la volonté d’assurer les demandes de nos étudiants en conformité avec les exigences sanitaires. Toutefois, aux 4 coins du monde, il se dégage une volonté d’ouverture et d’échange afin de maintenir les projets et faire circuler les énergies.

L’urgence est aujourd’hui de gérer la problématique des étudiants qui devaient partir en octobre prochain. Tout cela sera étudié au cas par cas, et des options seront proposées. Nous avons la chance d’avoir un grand réseau de partenaires et donc des possibilités multiples à proposer pour chacun. Je ressens l’angoisse des étudiants, je reçois des e-mails, j’échange avec eux. Je perçois ce désarroi, mais je vous ai trouvé courageux et positifs malgré tout ! Je sens votre optimisme et votre envie de faire. 

Dans la pratique, nous laissons à nos étudiants le temps pour trouver un stage jusqu’à fin mai car nous avons diminué la durée du stage, et si cela ne fonctionne pas nous trouverons une alternative. Toutes les options sont envisagées (projet entrepreneurial par exemple).

5. Concernant la vie associative, réelle force à NEOMA, comment voyez-vous le futur ?

La crise du coronavirus nous permet de repenser les projets associatifs. Nous nous privons pour l’instant mais à la rentrée, il va falloir se ré-inventer pour faire émerger de nouveaux projets et de nouvelles façons de faire. Notre belle vie associative saura faire face et dynamiser les choses !  À l’horizon de la rentrée, il faudra néanmoins examiner les choses différemment compte-tenu du contexte sanitaire. 

6. Quid de l’employabilité des étudiants face au Covid-19 ? 

Il est très difficile de prévoir le futur en matière d’employabilité. Pour les stages, de nombreux étudiants ont réussi à trouver, nous avons donc des ressources. Les chefs d’entreprise ainsi que les écoles se mobilisent et Delphine MANCEAU a lancé des appels pour l’apprentissage. Le contexte sera différent, nous ne re-vivrons pas comme avant et cela sera très différent en fonction des secteurs économiques.

Le fait d’avoir une formation généraliste pourra vous permettre de rester ouvert aux secteurs d’activité et de sortir des sentiers battus pour relever le défi de notre futur. 

J’ai espoir que cela favorise l’innovation, plus que la destruction de l’économie.

Concernant les écoles, la situation est semblable. Ne nous laissons pas abattre par ce qu’il se passe et poursuivons les projets que nous voulons faire en restant debout. Nos diplômés sont attractifs, ce n’est pas la première crise, ni la dernière ! Je suis optimiste.

 

Sylvie JEAN, Isabelle TRACQ-SENGEISSEN et Margaux CHABRE lors du gala des 50 ans d’Altéo Conseil en novembre dernier

Plus personnellement….

Comment avez-vous vécu le confinement ?

La première décision difficile a été de savoir si je restais à Paris ou si je rejoignais ma famille dans le sud, d’où je suis originaire. J’habite le 20e arrondissement de Paris mais j’ai besoin de nature. J’ai mis plusieurs jours à me décider entre chez moi à Carcassone avec la campagne et un beau jardin, ou Paris et son contexte. Et j’ai choisi Paris. 

Après un sentiment de colère inhérent à cette situation de confinement, finalement deux choses m’ont fait tenir : la nature, même si cela est assez limité à Paris (les quelques arbres et les fleurs de mon balcon) et la lecture. Surtout la poésie qui m’a accompagnée.

Je me suis recentrée et ai pris le temps de faire des choses.

Le confinement selon S. Jean 

1. Quel est l’endroit favori dans votre appartement ? 

Mon bureau.

2. Comment vous occupez-vous ? 

Travail essentiellement à distance, le travail est central pour moi.

3. Un conseil pour garder la forme ?

 S’aérer, s’oxygéner, marcher.

4. Un livre à conseiller pour ne pas s’ennuyer ?

 S.Tesson, Été avec Ulysse

B.Latour, Ou atterir ? 

5. Un film ? 

Celui que j’ai vu hier soir, Diplomatie.

6. Un truc à faire pour se détendre ? 

La cuisine.

7. La première chose à faire après le confinement ? 

Tellement de choses si vous saviez…, revoir ma famille en priorité !

Interview réalisée par Paul CAMBLAIN, Vice-Président Développement Commercial

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